Archives pour la catégorie Urbanisme

Roland Garros : la FFT de plus en plus hors du match !

Le tribunal administratif de Paris a rendu aujourd’hui une décision historique concernant le projet de destruction du jardin des serres d’Auteuil par la Fédération française de Tennis.

Le Tribunal a donné droit aux héritiers de JC Formigé dénonçant l’atteinte à l’œuvre de leur ascendant qui a réalisé les superbes serres du Jardin.

Non seulement le tribunal reconnait que les serres que la FFT veut démolir ont été conçues comme un complément aux serres historiques mais de plus il souligne la violation manifeste du droit en matière de protection des sites classés.

Je me félicite de cette décision qui conforte le point de vue des associations et des éluEs écologistes qui demandent depuis des années qu’un projet alternatif soit étudié sérieusement.

L’entêtement de la FFT, le refus de prise en considération des nombreuses remarques sur le projet, la volonté de passer en force sont stoppés par cette décision.

Ce grand projet inutile et imposé vient s’ajouter à ceux de Notre Dame des Landes et du barrage de Sivens, et démontre qu’il n’est plus possible de mépriser les acteurs locaux et les défenseurs des biens communs.

Il est plus que temps que la FFT renonce à ce projet et accepte enfin le dialogue proposé par les associations et éluEs écologistes.

 

Serres d’Auteuil : on ne lâche rien !

 

GRANDE BRADERIE DU PATRIMOINE

En soutien au Premier ministre, partisan de doter la France de grands aménagements

et équipements emblématiques pour soutenir la candidature française aux JO 2024,

 les associations de défense du Jardin Botanique des Serres d’Auteuil vous invitent

à  la vente aux enchères des plus beaux joyaux de notre patrimoine

 

Dimanche  7 juin à 14h30

3 avenue de la porte d’Auteuil, Paris XVIe

 A l’entrée du Jardin Botanique des Serres d’Auteuil

(Grilles d’honneur)

Métro porte d’Auteuil

Toute ressemblance avec des situations réelles serait non fortuite et totalement dépendante de la volonté de Matignon

 

 

 

 

Extension de Roland Garros : la double faute de Valls

N’est pas un champion qui veut !

En décidant de passer en force pour donner un avis favorable au funeste projet de destruction des serres d’Auteuil pour y construire un court supplémentaire, Manuel Valls commet un double faute.

En premier il montre tout le dédain qu’il a pour la concertation et la société civile, farouchement opposée à ce projet. Plus de 65 000 signataires de la pétition « Sauvons les serres d’Auteuil » ont clairement fait savoir leur désaccord. Après le drame de Sivens qui a coûté la vie à Rémi Fraysse, le Président de la République s’était pourtant engagé à davantage tenir compte des avis de la société civile et avait promis que des outils nouveaux de démocratie participative verraient le jour « dans les 6 prochains mois ». Malheureusement, tout concentré à mettre en oeuvre les projets de la technostructure, Manuel Valls n’a jamais fait la moindre proposition d’avancée en la matière. Bien au contraire, dans la plupart des domaines il a cédé aux lobbies sans jamais prendre en considération le terreau fertile des associations ou des citoyens.

Ce faisant il désavoue le Président de la République et montre son vrai visage : autoritaire, cassant, méprisant, arrogant.

En deuxième lieu Manuel Valls commet la faute politique de renvoyer l’ensemble du dossier à l’automne. C’est en effet à cette période que la FFT espère pouvoir commencer ses travaux. Or c’est à ce moment que la Ville de Paris devra dire si elle est candidate et donc déposer son dossier pour l’organisation des JO de 2024. Nul doute qu’on sera alors en pleine contestation juridique -voire plus- du projet et que cela affaiblira sensiblement le dossier parisien.

Par ailleurs on entrera également dans la phase active de la COP21 et nul doute que tout ce qui apparaîtra comme contradictoire avec les grandes envolées sur la biodiversité, la lutte contre le dérèglement climatique, portera un coup sérieux à la crédibilité de la France dans la négociation internationale.

Mais évidemment cela n’est pas innocent de la part de Manuel Valls. Il se moque comme d’une guigne de tout ce qui touche à l’écologie et on serait bien en peine de montrer des avancées réelles et sérieuses de son gouvernement dans ce domaine. Certes il y a bien la loi de transition énergétique mais tout ou presque est subordonné à des questions financières et à des décrets ultérieurs.

En revanche lorsqu’il faut agir concrètement, Manuel Valls sait prendre les décisions antiécologiques, comme il l’a fait pour la pollutaxe, la suppression des trains intercités (à venir), l’absence de rattrapage de la fiscalité du diesel, la priorité aux cars sur les trains, etc.

Décidément Vallas confirme qu’il est à l’écologie, ce qu’est Poutine à la démocratie.

Heureusement il reste les associations, les recours, les mobilisations et rien ne dit que la FFT mènera  son projet jusqu’au bout.

 

 

 

Polo de Bagatelle : un soutien incompréhensible des socialistes

Lors de la séance du Conseil de Paris du 16 décembre, nous avons eu la surprise de découvrir une proposition du PS de confier le site du Polo de Bagatelle à l’association qui s’y trouve depuis 1892 avec des conditions qui défient l’entendement.

Nous seulement la durée de la concession est portée à 20 ans au lieu de 15 actuellement mais en plus l’association paiera encore moins qu’aujourd’hui.

Voici l’intervention que j’ai faite au nom des éluEs du groupe écologiste de Paris :

Madame la Maire,

Rencontrer des princes et des princesses, des ducs et des duchesses, des comtes et des comtesses, les grands patrons du CAC 40 s’ils ont réussi les tests d’entrée, quelques héritiers des grandes familles, tout cela est possible grâce à la ville de Paris et sa générosité.

Comment ? C’est simple. Il suffit de disposer de 15 000€ pour acquitter les droits d’entrée, de payer  chaque année 900 € pour un sport ou 1800 € pour deux sports, d’être parrainé par deux aristocrates.

Ensuite il faudra surtout réussir un examen d’entrée particulièrement difficile au cours duquel on verra si votre éducation est suffisamment solide, votre tenue vestimentaire irréprochable, votre savoir vivre digne d’une monarchie, votre renommée indiscutable, bref si vous êtes dignes d’intégrer ce cercle très restreint du Polo de Paris.

Si vous réussissez vous rentrerez dans ce ghetto du gotha comme l’appellent les sociologues Michel et Monique Pinçon Charlot.

Ce qui nous est proposé aujourd’hui c’est de garantir à ce ghetto une prorogation dans le temps des barrières érigées pour se protéger de la plèbe, voire de la bourgeoisie qui n’a pas la noblesse dans le sang ou le porte monnaie à la hauteur.

Oui, garantie donnée sans aucune contrepartie, voire même garanties accentuées et redevance minorée.

Vous proposez d’allonger la durée de la concession de 15 à 20 ans. Vous ne changez pas le montant de la redevance qui reste fixée à 15% et vous prétendez ajouter une modeste redevance à hauteur de 4% sur les recettes du restaurant.

Mais si on regarde la convention de 1999, le pourcentage était de 15% sur la totalité du chiffre d’affaires, restaurant compris. Soit la redevance n’a pas été versée comme elle aurait du l’être, soit c’est une baisse de la redevance que vous nous proposez, la partie du restaurant passant de 15 à 4%.

En fait c’est une absence de paiement pour le restaurant qu’on peut constater au vu des données financières minimales qui figurent dans le dossier qui a été communiqué à notre assemblée.

Première question : pourquoi n’avoir pas exigé le paiement de la redevance tel que prévu à la convention de 1999 ?

J’ajoute encore que la totalité de la redevance devait être payée dès le moi de mai de l’année suivante et que maintenant vous reportez l’échéance au 1er juillet. Cadeau de trésorerie supplémentaire pour ces pauvres membres du Polo.

Deuxième question : qu’est-ce qui justifie un report de l’échéance de paiement de la redevance ?

Vous prétendez que la redevance va augmenter de 70% ! Curieuse façon de compter. En 2015 la redevance atteindrait 1,4M€ contre 1 212 463M€ en 2013. Soit une augmentation réelle de 15,5%.

Vous affirmez que le montant de cette redevance sera indexé sur un indice particulièrement dynamique, l’indice des loyers commerciaux. Fort bien. Quelle a été l’évolution de cet indice au cours des deux derniers trimestres ? Une baisse de 0,03% puis une stagnation à 0%. Quel dynamisme !

Troisième question : Pourquoi avoir choisi un indice aussi volatil et qui ne donne aucune garantie d’évolution positive de la redevance ?

Vous annoncez que la moyenne de la redevance sera de 1,7M€ par an au cours des 20 longues années de la concession. Cela repose sur une évolution du chiffre d’affaires du club qui augmenterait de plus de 75% sur cette période. On ne peut qu’être surpris puisque le Polo annonce lui-même qu’il est malheureusement contraint d’aller chercher de nouveaux membres en Belgique, en Suisse, en Angleterre pour financer ses activités. Rien à voir évidemment avec un quelconque lien avec des réfugiés fiscaux.

Quatrième question : quels sont les éléments précis qui vous font croire à une telle évolution du chiffre d’affaires du Polo ?

Vous soulignez l’ouverture exceptionnelle aux jeunes. Quelle ouverture fabuleuse : environ 50 enfants accueillis en 2013 ! Vous avez choisi la CODP qui laisse entière liberté au bénéficiaire de la convention de choisir ce qu’il fait ou ne fait pas en vis-à-vis des enfants des écoles.

Cinquième question : pourquoi avoir choisi le modèle de la CODP qui ne donne aucune possibilité à la ville d’intervenir dans la gestion du site ?

La ségrégation sociale que cette classe parvient à opérer, le racisme de classe qui la conduit à écarter tous ceux qui n’en sont pas, à les tenir à distance de ses lieux de prédilection, révèle la formidable violence symbolique qu’elle parvient à exercer, avec d’autant plus de force qu’elle a le droit et l’État – le sien – pour elle.

Sixième question : elle est posée par Stéphane Olivesi qui a publié une note de lecture de l’ouvrage des Pinçot Charlot

Le racisme mondain qui caractérise l’entre- soi bourgeois n’est-il pas l’expression de toutes formes de rejet des classes que l’on qualifiait naguère de dangereuses, de laborieuses ou de populaires et qui, de fait, n’ont d’autres ressources que de subir la violence symbolique de la domination ou de s’y opposer par une violence fruste qui les enserre davantage encore dans leur statut de catégories inférieures ?

En conclusion je veux rappeler que nous avons déposé un vœu qui permettra de réfléchir un peu plus sérieusement et démocratiquement à l’avenir de ce site : allonger d’une année la convention actuelle, ce qui ne pose aucune difficulté réelle, et profiter de ce délai pour que la commission spéciale que nous avons actée lors de notre précédente séance puisse délibérer tranquillement et en toute transparence.

Refuser une telle proposition serait à n’en pas douter ajouter la Ville de Paris à la liste des soutiens au Gotha.

Nous ne doutons pas que telle n’est pas la volonté de la Maire de Paris et que vous accepterez donc notre proposition.

Stéphane Olivesi, « Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, Les ghettos du Gotha. Comment la bourgeoisie défend ses espaces », Questions de communication [En ligne], 14 | 2008, mis en ligne le 21 mars 2012, consulté le 15 décembre 2014. URL : http://questionsdecommunication.revues.org/1649