Cette question, un peu iconoclaste, a été posée conjointement par les Universités de Paris 8 Vincennes et Paris IV La Sorbonne à l’occasion d’un colloque international qu’elles ont organisé grâce au laboratoire de recherche Espace, Nature et Culture (ENeC) du 19 au 22 septembre 2007 à la Sorbonne.
J’étais invité à faire l’ouverture le premier jour, de la séance de l’après-midi consacrée à « la ville, entre qualité et citoyenneté » dans le prestigieux amphi Liard. Ce thème m’a permis d’abord de me réjouir de pouvoir rencontrer les universitaires et de leur rappeler combien il est important pour nous, élus qui sommes toujours dans le temps de l’action, de nous appuyer sur ceux qui incarnent le temps de la réflexion.
Quant à s’interroger sur « l’après » développement durable, j’ai insisté sur notre volonté et notre engagement au quotidien à être déjà dedans complètement… ce qui, à voir les modes de vie, de consommation, de déplacement et autres de nos concitoyens n’est pas encore tout à fait le cas ! Nos idées, celles sur le développement durable notamment, ont indubitablement marqué une progression fulgurante et envahi le grand public et le politiquement correct ces dernières années, mais la mise en œuvre des projets et des applications va moins vite et rencontre encore beaucoup de résistance, il ne faut pas l’oublier !
Évoquer la ville en revanche est une nécessité tandis que 75% des Français sont déjà des Urbains. À Paris, la recherche de qualité et de citoyenneté figure au premier plan de nos préoccupations depuis 2001. La mise en place des programmes, des actions et des projets convergent vers la recherche d’une « vraie » durabilité intégrant notamment le recours à une participation citoyenne toujours plus importante. La création des conseils de quartiers qui ont pris une part active à de nombreux projets en est un bon exemple. Dans ma délégation, j’ai cherché également à aller plus loin à travers quelques projets emblématiques que j’ai présentés rapidement :
- Le Plan Climat, présenté le 1er octobre au Conseil de Paris, s’adresse à tous les Parisiens et aux 900 000 usagers quotidiens de la Capitale. Sa réalisation est fondée sur le recueil de la parole citoyenne grâce à plus de 1000 volontaires qui ont participé à la rédaction du Livre Blanc, pour vivre bien et longtemps à Paris. Ce recueil a servi de base pour présenter les actions, réalistes et juridiquement viables, qui composent aujourd’hui le Plan Climat.
- Les jardins partagés qui permettent à plus en plus d’associations et d’habitants de recréer ou consolider une dynamique sociale locale qui parfois avait disparu au profit de zones de non-droit ou parfois n’existaient simplement pas, faute de lieu ;
- La labellisation des jardins publics de Paris aux normes Eco-cert est également un bon exemple de recherche de qualité dans les projets et la gestion des espaces publics ;
Les questions de l’auditoire n’ont pas tardé, qui voulait en savoir plus sur la conduite de l’Agenda 21 parisien pour lequel j’ai dû rappeler que le retard apparent de Paris en la matière est lié à une volonté de le faire en concertation étroite avec les parisiens. Le projet a démarré depuis deux ans et le diagnostic s’achèvera fin 2007. En revanche, le plan d’action s’étalera sur 3 ans au moins, c’est la garantie de sérieux du travail qui n’est pas, comme parfois, un unique « plan de communication »…
Enfin, la question du traitement des déchets et de l’incinération m’a permis de rappeler que partant de rien en 2001, Paris est aujourd’hui à 18% de recyclage car 87% des ménages trient leur déchets. L’obstacle majeur de la progression reste celui des entreprises pour lesquelles le dispositif législatif n’est pas assez contraignant.
Les communications des chercheurs se sont ensuite succédées, sous la direction de Cyria Emélianoff.