Déchéance ou résistance. Christiane Taubira peut et doit faire le choix de la victoire.

Chère Christiane Taubira,

Depuis l’élection de François Hollande, vous représentez au sein des Gouvernements, une des paroles fortes qui forcent le respect car vous y affirmez avec détermination vos valeurs profondément démocratiques, reposant sur une conception moderne de la justice, humaniste, novatrice et emprunte de la volonté de donner ou redonner à chacun et chacune une nouvelle chance.

Cette vision a suscité et suscite encore des réactions violentes à votre encontre, notamment de la part des conservateurs de droite et de gauche, et plus encore des ennemis d’une justice républicaine, je veux parler de l’extrême-droite et du FN.

A chaque attaque dont vous avez fait l’objet, vous avez su répondre avec la hauteur de pensée qui vous caractérise, sachant ne rien céder sur le fond, avec des mots qui nous rendaient fiers de vous soutenir. Votre immense culture vous permet des références toujours riches qui font œuvre pédagogique pour beaucoup.

Malgré des arbitrages souvent difficiles, voire négatifs, vous n’avez jamais renoncé, jamais abdiqué, jamais renié vos valeurs.

Aujourd’hui avec le cynisme qui le caractérise, le président Hollande vous demande de soutenir et même de porter un projet de révision constitutionnelle qui va à l’encontre de ces valeurs que vous avez si bien défendues.

L’opportunisme électoraliste du président est si évident qu’il n’échappe à personne : son seul objectif se résume à sa carrière personnelle à l’échéance de 2017 et qu’importent les moyens pourvu qu’ils le servent.

Reprendre à son compte une proposition de ses adversaires les plus farouches et vous demander de le présenter au vote des parlementaires ne grandit pas le président. Bien au contraire il ne fait que le couper davantage d’une partie de celles et ceux qui espéraient une césure nette entre gauche et droite.

Cette proposition heurte les démocrates, tant à gauche qu’à droite, et des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour demander le rejet du projet.

Chère Christiane Taubira,

Personne n’ose imaginer que lors du débat devant l’Assemblée Nationale et le Sénat, vous puissiez argumenter en faveur de telles forfaitures morales. Un scénario pourrait être que vous preniez alors la parole pour dire publiquement tout le mal que vous pensez de la modification envisagée.

Mais ce scénario qui certes serait inédit, aurait pour corollaire de dévaloriser encore davantage la fonction ministérielle qui n’en a réellement pas besoin vos collègues Macron, Le Drian, Pinel et quelques autres, s’évertuent chaque jour à la rendre impopulaire.

Chère Christiane Taubira,

Il vous reste une belle opportunité.

Parmi d’autres un trio de femmes, responsables politiques de premier plan, a fermement dénoncé l’attitude et le projet du président. Cécile Duflot, Anne Hidalgo, Nathalie Kosciusko-Morizet ont déclaré s’opposer de la façon la plus déterminée à cette réforme scandaleuse.

Chère Christiane Taubira, osez transformer ce trio en quatuor en prenant une grande et belle initiative. Lancez ensemble un appel solennel en ce sens. Osez dépasser les traditionnels clivages partidaires et appelez tous les démocrates à s’unir tant au Parlement qu’en dehors pour mettre ce projet en échec.

Proposez d’organiser en commun des grandes réunions publiques d’explications et de mobilisation pour démontrer l’inefficacité et la dangerosité du projet.

Chère Christiane Taubira,

Vous avez un rôle à tenir auquel nulle autre de saurait pourvoir.

Si vous ne le faites pas, personne ne le fera à votre place et vous serez alors comptable de ce qui adviendra.

Vous auriez dit en privé vos craintes de voir adopter cette modification constitutionnelle car, entre les mains de l’extrême-droite, nul ne peut exclure les pires dérives.

Face à vos craintes, que nous partageons en tous points, faites en sorte de nous rassurer en mettant tout en œuvre pour que de tels risques soient remisés aux oubliettes de l’histoire.

Chère Christiane Taubira,

C’est avec respect et aussi espoir que je vous suggère de prendre la tête de ce combat pour que la France n’abdique aucun terme de sa belle devise : liberté, égalité, fraternité.

 

 

 

Les Droits de l’Homme en Chine

La chaîne parlementaire (LCP) m’a invité à participer à un débat sur les Droits de l’Homme en Chine, en tant qu’élu d’un arrondissement (le 13è de Paris) qui concentre une très forte communauté asiatique.

Le débat a été précédé d’un excellent documentaire sur les nouveaux dissidents en Chine, notamment dans le secteur des artistes.

Ce débat m’a permis d’expliquer en quoi le modèle chinois est celui rêvé des capitalistes : grande liberté d’agir pour les membres du pouvoir et restrictions considérables des droits des salariés et du peuple. Pinochet l’avait rêvé dans un autre contexte.

 

Référendum du PS : une faute politique pour masquer son échec

L’annonce par JC Cambadélis d’un référendum à destination du « peuple de gauche » pour forcer une union de tous les partis en vue des élections régionales est une faute politique à plus d’un titre.

Tout d’abord décider seul de « convoquer » le peuple de gauche masque mal la conception hégémonique du PS qui se considère comme le seul parti légitime à parler au nom de ce peuple de gauche. S’il avait réellement eu l’intention de s’adresser au peuple de gauche, JC Cambadélis aurait du proposer à ses partenaires la co-organisation de ce scrutin.

En décidant seul cette opération, le PS oublie de tirer les leçons des référendum : on ne répond jamais à la question posée mais à une autre sous jacente.

De fait le PS tente une opération de soutien implicite à la politique du gouvernement à travers ce pseudo référendum. Personne n’est dupe et la simple participation à un tel scrutin vaudrait caution de la démarche.

En revanche, comme de nombreuses réactions l’ont montré, si le PS voulait réellement un référendum il pourrait l’organiser sur de nombreux thèmes : le droit de vote pour les résidents étrangers, l’arrêt de l’EPR, de Notre-Dame des Landes, la proportionnelle, etc.

Tout cela figurait dans le programme du PS pour les élections mais il semble que la capacité d’oubli de ses promesses ait atteint un niveau encore jamais égalé.

Il est clair que JC Cambadélis n’assume pas la défaite annoncée pour les élections régionales car il n’ose pas demander au peuple de gauche s’il est d’accord ou non avec le virage à droite du gouvernement Valls-Macron.

A ce stade je crois qu’il faut sauver le PS de la noyade, non pas en participant à cette opération aussi stupide qu’inutile, mais en lançant une grande souscription de financement participatif pour lui offrir une bouée de sauvetage.Bouée de sauvetage

 

 

 

Grèce : le début d’une nouvelle Europe

La victoire sans appel du « non » au référendum organisé par le gouvernement grec représente incontestablement un tournant dans l’histoire de l’Europe.

Malgré les pressions considérables des autorités européennes, le chantage scandaleux du Président du parlement européen souhaitant un coup d’état technocratique, malgré l’unanimisme des pseudo économistes qui sévissent à longueur d’éditos dans les médias, malgré l’intox des sondeurs qui donnaient une quasi égalité entre le oui et le non, malgré tout ça le peuple grec n’a pas tremblé et c’est avec force qu’il a rejeté l’aggravation de l’austérité et de la pauvreté que voulait lui imposer la Troïka.

Tout cela ne pourra rester sans effet sur les décideurs européens. Soit ils acceptent le principe de la démocratie, soit ils assumeront l’éclatement de l’Europe à terme.

Car tous les référendums portant sur l’Europe se sont traduits par les mêmes rejets dès lors qu’il s’agissait de questions économiques ou financières. Le Huffington Post a publié une carte qui montre bien ces résultats.

Ces rejets illustrent le refus des peuples européens non pas de l’Europe mais de la façon dont elle se construit et de la manière dont elle est dirigée : autoritaire, non démocratique, non transparente.

Le vote du peuple grec retentit comme un immense espoir pour toutes celles et tous ceux qui veulent plus d’Europe et surtout mieux d’Europe.

Une Europe au service de la paix, de la solidarité, de la démocratie, de la transition écologique et non pas au service des technocrates et des seules multinationales.

Car ne nous y trompons pas : ce qui est en jeu entre les institutions européennes et la Grèce, c’est de savoir qui aura le pouvoir à la fin. Les peuples de l’Europe ou les grandes firmes via le FMI, la BCE et la Banque mondiale et autres relais.

Le FMI n’a jamais caché qu’il préférait un bon régime autoritaire à une démocratie pour imposer sa conception du vivre ensemble. Il suffit de lire les conditions qu’il a toujours imposé aux pays (de gré ou de force via les Etats-Unis dans les années 70 et 80) : privatisations des services publics, suppression de toutes les protections contre les investissements étrangers, remise en cause des droits sociaux, et en premier point mise en place d’une politique d’austérité.

Le Chili l’a vécu de façon douloureuse tout comme de nombreux pays d’Afrique sous le terme d’ajustement structurel.

Il est temps que cela s’arrête et que le FMI soit mis hors jeu des négociations entre la Grèce et les institutions européennes.

Ces dernières ne peuvent pas rester sur leur posture dogmatique et néo libérale.

Certes des réformes s’imposent en Grèce pour lutter contre l’évasion fiscale, les rentes de situation scandaleuse de l’Eglise ou des armateurs, pour créer un cadastre sérieux, etc.

Mais c’est par l’accompagnement des réformes portées par Syriza que cela sera possible et pas par une injonction surtout lorsqu’elle provient du Luxembourg, champion parmi les champions des paradis fiscaux.

Nous assistons probablement à un bouleversement dont personne ne peut encore dire comment il va évoluer.
La seules chose à dire c’est merci au peuple grec de l’avoir permis.